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jeudi 19 février 2015

Les compétences du peuple Inuit au Nunavik

Les Inuit vivent au rythme des saisons
Jadis, les chasseurs Inuit avaient un grand respect pour la nature et les animaux qu’ils chassaient
Les nombreux rituels pratiqués pour aider l’esprit de la bête à quitter son corps attestent de la chance qui devait permettre au chasseur de la pourchasser à nouveau dans le but de nourrir les membres de la famille. 

Les Inuit font partie de leurs terres
Ils savent utiliser les ressources naturelles de leur territoire. Les Inuit vivent au rythme des saisons tout en étant au fait de ce qui se passe dans le monde. Généralement, ils sont curieux de tout ce qui est nouveau et ils empruntent facilement ce qui leur convient, en informatique, dans les technologies et autres.

L’aspect communautaire se reflète dans leur capacité de vivre ensemble. Le bien commun est culturellement défini par les Inuit en terme collectif pour améliorer la vie des autres. 

Les Inuksuks, une forme de langage
Dispersés sur le territoire, les inukshuks sont devenus les symboles du mode de vie traditionnel des Inuit. On dirait des êtres humains aux bras étendus.


Les inukshuks servent de point de repères. Des inukshuks sont encore édifiés par les Inuit. C’est un langage correspondant parfois liés à des pratiques religieuses et comme indications routières dirigeant les chasseurs et les pêcheurs vers des endroits à gibiers ou poissonneux.

L’éducation des enfants au Nunavik
Le contraste entre ceux qui sont porteurs des traditions et des valeurs culturelles et la jeunesse qui écoute du Michael Jackson, qui regarde les émissions de la télé moderne, qui utilise avec facilité les outils informatiques, qui parle non seulement l’inuktitut mais l’anglais et aussi le français détonne alors qu’on s’attendrait à un peuple replié sur lui-même. La plupart des jeunes Inuit ont pris l’avion avant de pouvoir se servir d’une automobile ou d’un camion.

La différence entre nos cultures respectives
La différence entre nos cultures respectives s’illustre entre autre à la messe du dimanche dans un lieu de culte. Là où l’on exige que nos enfants demeurent sagement assis sur les bancs d’église, les enfants inuit se promènent  librement dans les allées, sous ou sur les bancs allant saluer toutes les personnes qui assistent a cérémonie. Les parents inuit prêchent par l’exemple.

Les enfants jouent dehors même quand il fait un froid de canard. Ils se cachent sous les maisons et trouvent toujours des moyens de se garder à l'aise.

Quand j'ai rencontré les Inuits dans les différentes communautés, j'ai été surprise de pouvoir communiquer avec eux assez facilement. Peut-être était-ce parce qu'ils me considéraient une aînée!

Les aînés sont perçus comme des porteurs de culture
Être une aînée veut dire quelque chose dans la culture inuit. Les aînés sont perçus comme des porteurs de culture. Le respect n'est pas seulement une notion d'âge chronologique; ils sont considérés comme des modèles à suivre, ils servent à titre de conseillers, de philosophes et de professeurs.



La solidarité est une valeur chez les Inuit
La solidarité est une valeur chez les Inuit. Chaque communauté est dotée d'un congélateur commun où sont déposés les surplus de chasse, de pêche, de petits fruits. Les Inuit prennent soin des membres de leur famille. La viande laissée dans le congélateur communautaire est libre d'accès et gratuit pour quiconque en a besoin.

De tout temps, l'histoire démontre la fierté des Inuit face à leur identité. Le sentiment d'appartenance est important pour les Inuit.

Les relations d'intimité entre les générations étaient évidentes entre les femmes
Durant mon séjour parmi eux, j'ai remarqué un haut degré de collaboration parmi les femmes. Les jeunes femmes apprennent la couture de leurs aînés et comment faire les vêtements traditionnels. Pendant que certaines travaillent ensemble pour gratter les peaux, d'autres préparent les patrons de kamik (bottes) et pualuuk (mitaines). Certaines femmes sont des leaders naturelles  pour de tels projets. Les autres se rallient à elles. Le groupe est cohésif pour travailler sur des projets de couture or de tricot. Durant cet échange, les femmes discutent. Les relations d'intimité entre les générations étaient évidentes entre les femmes. Dans une tentative de réconfort physique et émotionnel, les femmes inuit se regroupent pour une cigarette ou un repas. On sent qu'elles sont confortables l'une avec l'autre.

Mes observations m'ont amenées à présumer que les mères inuit ont de nombreuses qualités comme mères: en premier, elles sont relaxes, le temps est plus élastique. Jusqu'à l'âge de deux ans, l'enfant est toujours proche de sa mère, parfois peau à peau. Leurs amauti (manteaux) avec une poche confortable et douillette dans le dos, permet aux femmes de l'arctique de porter leurs tout-petits, ce qui leur assurent un bon début dans la vie. J'ai vu des enfants de trois ans être encore transportés ainsi par leur mère. Les chanceux!

Les mères inuit démontrent généralement beaucoup d'attachement pour leurs jeunes enfants et la famille élargie donne beaucoup d'attentions aux enfants. Les problèmes sociaux ne sont pas habituellement engendrés par les mères.



Durant mon long séjour, j'ai été surprise par la façon dont les enfants se comportaient. Mis à part quelques exceptions, les enfants étaient respectueux. On apprend aux enfants par l'exemple parce que par imitation, les enfants finissent par reproduire ce qu'ils observent.

Malgré tous les obstacles liés à la sécurité et à la protection des enfants, je persiste à croire que toutes ces compétences peuvent être reprises au profit des mères et des enfants pour les aider à devenir des personnes fortes.

La nourriture et leur santé 
En dépit de tous les efforts des différents paliers de gouvernement, la nourriture au Nord coûte très cher. Comme il est impossible d’y cultiver des légumes ou des céréales, les Inuit tuent encore des animaux pour leur viande riche en protéines. Il faut voir le retour des pêcheurs : les enfants se lèchent les babines bien avant que la viande soit découpée.

Une partie de cette viande est emmagasinée dans un congélateur communautaire pendant que des réserves sont cachées sous de gros cailloux pour ne pas être volées par les animaux. Le régime alimentaire des Inuit a beaucoup changé : comme nous, ils consomment maintenant des hydrates de carbone et du sucre. Des études démontrent qu’ils souffrent des mêmes maladies que nous mais que les rares Inuits qui mangent  leur nourriture traditionnelle ont une meilleure santé.

La chasse demeure un aspect important pour leur survie alimentaire
La chasse demeure un aspect important pour la survie alimentaire des Inuit. Aujourd’hui, soixante ans après l’entrée de l’homme blanc sur leur territoire, ils continuent de chasser le phoque, le caribou, l’ours blanc, mais ils pratiquent d’autres métiers que celui de chasseur et pêcheur. L'hiver, ils y vont en motoneige. Dans des photos prises sur le vif, leur immobilité est notoire. Pendant des heures, ils attendent qu'un phoque montre le bout de son nez par un trou creusé dans la banquise.

Leurs sculptures représentent souvent des animaux, et des scènes de la vie traditionnelle
Dans leurs villages, ils sont mécaniciens, commis, couturières, affectés au transport des eaux usées. Plusieurs sont de véritables artistes visuels.


Leurs sculptures en pierre de stéatite et leurs gravures démontrent qu’ils tentent de sauvegarder les valeurs propres à leur héritage culturel. Elles représentent souvent des animaux, mais aussi des scènes de la vie traditionnelle. Ils fabriquent aussi leurs outils en ivoire de morse et en os sculptés, comme les propulseurs et les grattoirs.


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vendredi 9 janvier 2015

Le Nunavik, terre de rêves pour les amoureux du Nord

Le Nunavik et les Territoires du Nord-Ouest ont aussi fait partie de mes découvertes. La visite de quatre communautés nordiques-Kuujjuarapik, Povernituq, Salluit et Quaqtaq-permet de mesurer l’histoire et la géologie pour voir plus large.

Le Nunavik, territoire prisé par les blancs
Pour le dépaysement, j’ai décidé de commencer avec le Nunavik. C’est le territoire le plus original, naturel et symbolique de tous les Nord, un véritable territoire. Répartis dans plusieurs villages, on ne peut rejoindre les Inuits que par avion.

Le Nunavik, terre de rêves pour les amoureux du Nord
Le Nunavik est ponctué de paysages spectaculaires. Sa toponymie porte la marque du passage des glaciers qui les ont façonnés.

Vu des airs, l’ancien Nouveau-Québec offre une vision de rêve pour y découvrir au fil des miles aériens la force d’une nature sauvage, calme et discrète, dans une froidure quasiment légendaire. Délimité à l’ouest par la Baie d’Hudson, au nord par le détroit d’Hudson, à l’est par la Baie d’Ungava et le Labrador, le Nunavik a une superficie de 507 000 kilomètres carrés, soit à peu près le tiers du Québec.

Sur le toit du monde, les distances s’effacent
Sur le toit du monde, les distances s’effacent. Autrefois, l’environnement revêtait une importance capitale pour leur survie. Au Nunavik, on se réfère souvent aux vents contraires-le climat peut changer d’une minute à l’autre. Il n’y a aucun arbre, le vent souffle fort et l’instabilité du temps force les habitants du Nunavik à improviser les occasions qui passent. Les Inuit ont une grande capacité pour observer le ciel, sentir les vents et prévoir les comportements de la faune. Ils ont le compas dans l’œil, captant rapidement la présence du lièvre sur la neige et prévoyant la dynamique des plaques de glace.

Le Nunavik, une terre burinée par de gigantesques glaciers
Deux compagnies aériennes se partagent les quatorze villages du Nunavik : First Air et Air Inuit. Du haut des airs, il faut voir ces terres à perte de vue, formées de roches glaciaires qu’une maigre végétation recouvre. La totalité du Nunavik, burinée sans doute il y a des millions d’années par de gigantesques glaciers, intègre des vallées en  forme de bols à soupe, des fjords dentelés, des eskers atteignant des dimensions de l'ordre de 100 km de longueur et de 50 m de hauteur, autant de formes géomorphologiques qui rappellent les premiers âges de la planète.

Le réchauffement du Grand Nord prend de multiples formes
Depuis la fonte des glaces, les températures se sont modifiées. J’ai rencontré M. Michel Allard, de l’Université Laval à Québec, à Salluit alors que je m’y trouvais également. De son avis,  des études en géothermie démontrent que le pergélisol ne permet plus de fixer les maisons dans les villages. Il faut maintenant attendre le dégel du printemps. Le problème, c’est que le pergélisol commence à fondre en profondeur dès qu’il y a de l’activité humaine.

« Aussitôt que le pergélisol se met à fondre, la glace, les morceaux de glace qu’il contient deviennent de l’eau qui se met à ruisseler.  Le sol libère du gaz carbonique et du méthane et qui provoque des coulées de boue. Ultimement, la fonte de cette glace crée des cavités, ou des vides, sous la surface. Au début, la surface tient le coup, mais à la longue, à cause de l’humidité ou pour d’autres raisons, elle s’effondre, et cela crée ces espèces de trous. En Alaska, les gens les appellent : entonnoirs » (Vladimir Romanovski, Professeur à l’Université de l’Alaska à Fairbanks).

Les Inuit redoutent la dégradation de leur environnement. Le réchauffement de la planète a des conséquences catastrophiques sur le milieu polaire. La chaîne alimentaire est particulièrement touchée par le mercure. Les déchets toxiques nuisibles apportés dans les courants du Sud sur les côtes nordiques nuisent aux animaux et donc aux hommes qui s'en nourrissent.

Le réchauffement du Grand Nord prend de multiples autres formes. Les arbres, là où ils poussent (Kuujjuarapik), meurent par millions; certains insectes (maringouins) deviennent des fléaux; la banquise arctique rapetisse et menace les ours polaires, les phoques et les morses; les côtes s’érodent, les constructions s’enfoncent dans le sol; des lacs apparaissent et d’autres disparaissent; les caribous ne trouvent plus assez à manger, les renards arctiques sont confrontés à leurs cousins du sud; la toundra s’assèche et les Inuits ne reconnaissent plus leur monde.

La recherche de solutions
Le développement du tourisme est perçu comme une des solutions pour les jeunes qui ont peu d'espoir dans l'avenir. Le chômage est important: les jeunes sont désoeuvrés, contribuant aux problèmes sociaux.  Le peuple inuit est grandement touché par l'alcoolisme, la violence et le suicide. Les changements rapides entre la vie d'avant et la vie contemporaine ont bouleversé le mode de vie des Inuits.


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